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Et un jour il faut bien rentrer...sauf que, forcement, ça ne va pas se faire tout seul.
Sara  un visa "Schengen", donc il faut oublier les USA et les Bermudes. Et en plus, elle est Cubaine (ah la blague..) et n'a donc pas le droit de quitter son propre pays par la mer. Cherchez pas trop à comprendre les lois cubaines.
Il faut en France installer la maison et vivre un peu avant de repartir bosser.

"LA" solution unique après avoir tourné le problèmes dans tous les sens est de prendre un skiper et de faire ramener K'Moon aux Açores (Europe) et de finir jusqu'à St Cyprien. Chance unique, j'avais connu, il y a 2 mois, deux gars, Alain et Jacob, qui avaient transité un bateau pour Cuba depuis la France. Reprise de contacts, bla bla pour les assurances, les modalités et autre détails techniques, et les voilà de retour en avion cette fois a La Havane pour amener K'Moon en Europe.

Une des dernieres raison de se faire une petite fiesta "comité restreint"à la maison avant le depart du bateau. Rhum et cigares, musique et guitare, bref Alain et Jacob, et tout le monde rigole bien.
fiesta




Alain va nous faire decouvrir son répertoire de chants de marins, et Jacob ...je crois que la photo a été prise apres les bouteilles de rhum.







Ce sera plus dur le lendemain, pour moi, de voir partir le bateau.sortieport




Le 11 mars c'est le depart après le passage en douanes et police.

 Une dernière fois on demande à l'administration cubaine si Sara peut naviguer DANS le port, du poste à la douanes, avec une dizaine de policiers qui surveillent: négatif...Cuba me surprendra toujours. Alors Sara pleure de ne pas pouvoir naviguer 500 mètres et moi de ne pas pouvoir naviguer 5000 Km. On se réconforte en se disant que dans un mois ce sera notre tour...



Et donc pour nous, retour en avion sur la France, installation / camping à la maison, visite de la famille.
Le tout entrecoupé de coups de tel du bateau pour la météo, et avoir des nouvelles... et avoir la liste des avaries:
- passe coque du sondeur fuyard, donc arrêt à Cap Canaveral les 15 et 16 mars pour sortie d'eau et opération silicone
- arrêt aux Bermudes pour avitaillement et diesel
- le foc de route dechiré inutilisable
- le génois dechiré le long de la bordure ne peut plus etre deroulé completement
- les batteries "usage" rendent l'âme, obligeant Alain et Jacob à faire tourner le groupe 3 heures par jour
- les régulateurs des alternateurs grillés, de moins en moins d'énergie a bord
- et le pire: rupture du bas hauban AR tribord...celui changé à Cuba avec du matériel d'occasion.

  Tout de même le record de vitesse est battu avec K'Moon : 11.6 noeuds !!

Rendez- vous est pris pour le 11 avril, à Horta, aux Açores pour changement d'équipage. Bonne estimation puisque entre nous en avion et eux en bateau, la différence sera de 6 heures.

A Horta, pas trop le temps de flâner et de visiter l'île, on doit repartir vite.

Nettoyage rangement avitaillement...et réparation de fortune du bas hauban.                                 
Je trouve bizarre d'ailleurs qu'à Horta, qui se targue d'être l'escale "obligée" du retour, il n'y a aucun service /entreprise / artisan de réparation ou de pièces détachées pour la plaisance, mais bon, on va mettre un palan et un coinceur sur le hauban, et 3 jours après on démarre.


Impossible de trouver de bottes de mer à Horta, je trouve des bottes agricoles.
Super bottes étanches pas cher, mais quelles glissades sur le pont pendant la traversée !!  


Premières impressions; il fait TRÈS froid. Sara, peu habituée à ces températures, comprend pourquoi on a pris 5 polaires et 2 parkas et salopettes chauds pour elle, plus le bonnet plus.. plus.., on dirait "Bibendum".

Par contre, elle semble avoir passé sa vie sur un bateau tellement elle est à l'aise dans des deplacements, pas de mal de mer, cuisine, nettoye, bref entretient le bateau comme un vrai mousse. Elle va meme barrer un peu.

Mais l'experience tourne court. Deux jours aprés le depart de Horta, vers 21h, dans un vent moyen de 35 noeuds, le bas hauban "reparée" casse definitivement, son voisin à tribord casse aussi, et pour ne pas rester en reste, le hauban principal babord d'effiloche "grave" au niveau de la barre de flèche.  Quel coup de canon dans la coque, un bruit terrible, on dirait  qu'on a laisser tomber une enclume sur le pont.

Le temps de mettre bout au vent, d'afaler les voiles, rien ne tombe mais le mat est plutot en "S" !!! Je detends tout ce qui reste du haubannage et reflechit. ( si si ça arrive) On est à 100 miles de Sao Miguel, on n'a pas assez de diesel, on derive vers ou ? Nord- nord/est, on va sur la Bretagne. Pas terrible ( rien de personnel amis bretons), juste que ce n'est pas du tout la direction Gibraltar...

Donc à  23 heures, appel du CROSS Marseille qui va declencher  le CROSS Bretagne ( on y revient..) qui va prevenir les autorités Portugaises.
...et à midi le lendemain.....surgit à l'horizon un bateau de la marine portugaise pour nous livrer du gas-oil.

     
De plus, en voyant l'état du mat, ils ont pris la decision de nous suivre jusqu'à Sao Miguel ce qui nous a pris 18 heures de moteur... et couté une bouteille de rhum pour l'équipage du FT477. Soit dit en passant, en arrivant a Sao Miguel il a fallu payer le service, facture à l'appui pour les dubitatifs: 1.45 euros !!!

Et de nouveau, à Sao Miguel, la plus "civilisée" des iles aux dires des habitants ( il y a meme un Mac Do, pour vous dire), marina et réparation. On a trouvé un artisan qui nous a fabriqué les 6 haubans en 2 jours, mis en place par moi sans dématage, un par un. On a bien visité la ville, trés jolie, mais pour moi ça ne vaut pas Madère !! On a bien ri à la réponse d'un chauffeur de taxis à qui on demandait ce qu'il y avait à visiter à Sao Miguel: l'aéroport et le supermarché. Alors que d'apres les depliants touristique il y a plein d'endroits sympas sur cette ile...la prochaine fois.


Et donc 5 jours aprés, en ayant changé les batteries et definitivement connecté le panneau solaire, re-départ pour Gibraltar, non mais, on va finir par y arriver !!!
Première navigation pour Sara "sans voir les cotes", meme pas peur, tout se passe bien, sauf que le regime pàtes pese un peu. On reve de foie gras et de carpaccio...La pèche d'un joli thon nous améliore l'ordinaire pour deux jours.







On regarde passer les dauphins, on se retrouve entouré par 5 baleines, impressionnant. La navigation est clame et à part le froid tout se passe bien. Le panneau solaire refonctionne et avec des batterie neuves on écoute la musique toute la journée.




Un pigeon vient se refugier sur K'Moon pendant toute une journée et ne partira que le lendemain.

Un bon coup d'ouest 35/40 noeuds juste avant le détroit pendant 24 heures et on rentre presque en Méditerranée...quasiment deux ans après avoir touché les baleines en sortant de Ceuta.

 Mais le détroit nous cachait sa surprise: un super-tanker nous ratrappe très vite de nuit, et Sara m'alarme. Le temps de réaliser et de virer, on passe très très près de son étrave. J'ai même l'impression que le mat va toucher sa coque, mais ça passe. On a juste le temps d'admirer la fluorescence du plancton dans sa vague d'étrave. Quelle peur. Sara est tétanisée, elle tombe à genoux dans le cockpit tellement elle a eu peur...moi je ne vaut pas mieux. On a vraiment frisé la catastrophe cette fois.




                 On se venge en se jetant sur le chocolat...
Cette photo represente uniquement la situation. Ce n'est pas nous.

Et enfin le jour se lève, la houle se calme, on rentre en Méditerranée. On sent la terre sèche, on voit le Maroc et l'Espagne, c'est un bon moment.


Pour Sara c'est la récompense, sauf que avec son visa Schengen, Ceuta et Gibraltar sont interdits. Donc on continue et on va toucher terre à 30 miles de Gibraltar, en Espagne. Ouf. Sara descend du bateau et cherche un restaurant avec carpaccio, en trouve un, et ce sera notre cantine pour 2 jours. Mais pas de foie-gras !!!
Ne rien faire, se doucher, se promener, boire frais car il fait chaud, recuperer les mails, avitaillement et lessive.

Mais quel plaisir de naviguer à deux. Rien à voir avec le "solitaire". Tout est plus facile, on ne parle pas à la mer ou au bateau ou aux étoiles, on dors mieux. Naviguer pour de longues périodes seul est éprouvant, maintenant je le sais.

Mais, en Espagne, plus de vent...Alors c'est la remontée au moteur, sauf deux fois une dizaine d'heures de voile, tout avec le vieux Renault qui résiste. Il faut faire des pauses à Cartagene, Denia, pour refaire le plein. Semaine pénible pour le bruit, un voilier ce n'est pas fait pour ça.

On fait des concours de photos de coucher de soleil, des concours à savoir qui voit le prochain dauphin, qui va finir la confiture de fraise avec les croissants...
Sara découvre l'Espagne et on se promène à chaque escale pour découvrir les viles. On essaye de faire les pauses dans les ports et non les marinas, ce qui est plus représentatif du pays. On fait une cure de restos pour changer de la cuisine du bateau. On peut maintenant, malgré le non fonctionnement du frigo depuis Cuba, conserver un peu de frais entre deux escales.

Une nuit, proche des Baléares, surgit de nulle part la police Espagnole, de la lumière partout, les hauts parleurs, pourquoi ? qui? d'où? vers ou?...quelle surprise en pleine nuit. Mais après 15  minutes ils repartent, tous feux éteints...ce qui me fait comprendre pourquoi mon détecteur de radar "bipait" sans que je ne vois un bateau. Ce sont eux qui tournent de nuit sans se montrer.

Et enfin, deux ans après, c'est la vue de St Cyp au matin, dimanche  13 mai.
                J'étais parti le 26 avril. Il y a 2 ans et 17 jours....

C'est aussi la sardinade du port. On retrouve Philippe, ma mère aussi vient nous voir, on retrouve le poste J20 de la marina.
K'Moon est à sa place.....

Et maintenant ?
Il y a une liste impressionnante de choses à réparer, compléter, nettoyer. Tout a souffert pendant ces deux années et malgré son apparent bon état, je sais que les travaux vont m'occuper mes journées pour un bout de temps. Et les soirées ...à préparer un re-départ !!
Et oui, il reste encore le tour de la Méditerranée à faire, chose prévue au départ, et chamboulée.
K'Moon fete ses 34 ans un peu fatigué, mais je sais que la base est saine,  que je ne m'etait pas trompé de bateau pour faire ça sans trop de dégats malgré une preparation limitée.
Les voiles sont mortes, cuites par les UV, le moteur est a réviser, et aprés, tout les circuits electrique et eau sont à reprendre. Le reste est une succesion de vis à resserrer et de "petites bricoles" qui occupent des jours et des jours.

Alors en attendant, je file en Cote d'Ivoire travailler,

...Et preparer les prochaines navigations, ça c'est le plus important !!


Bises à tous

Richard et Sara

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