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1ère
partie, St Cyprien - Ceuta

Départ
de Saint Cyprien le mardi 26 avril, dans la soirée, après
avoir attendu la retourne de vent toute la journée. Finalement,
de peur de paraître ridicule vis à vis des copains qui
attendent depuis 14 heures, à 20 heures, on largue les amarres.
Pris dans les occupations du départ, même pas le temps
d'être triste. Je verrai plus tard si ça me prend...
La mer est grande et j'ai du temps.

Dernier regard sur St Cyp.
Merci à Bruno, Marilyne et Elsa pour le petit bout de route
ensemble sur "Jnoun".
Philippe vient avec moi pour ce début de route. Faire du
côtier tout
seul, avec les autres bateaux autour, et surtout la pêche,
implique de
veiller 24/24 heures. Et comment que je fais alors ?
Alors on se partage la journée, Philippe de jour fait la
navigation et
la vaisselle, moi de nuit je fais la cuisine et j'évite les
bateaux de
pêche en suivant la route tracée dans la journée.
Comme un vieux
couple, tout va très bien...sauf que le vent manque.
Philippe en pleine veille, remarquez l'oeil vif surveillant le cargo
qui passe.....
On est bien sur la Méditerranée avec ses humeurs et ses
variations
brusques.
Philippe a dèja skippé un certain nombre de fois des
voiliers
sur la Méditerranée pour un grand constructeur
français,
et a
dèja traversé l'Atlantique. C'est à moi de
profiter de son expérience pour la suite.
Prenant patience, on avance au moteur vers le sud de l'Espagne. Sauf
une petite pointe a 7.2 noeuds sous voile au passage du cap Creus, tout
est calme avec le teuf-teuf du Renault.
Du coup, pause à Dénia pour refaire le plein de G.O. Le
moteur
est gentil, mais même à 4 noeuds avec 1100 tours-minutes,
il
consomme 1.3 litre heure. Le réservoir fait 80 litres et on a en
plus
60 litres dans des bidons sur la jupe arrière. Mais c'est
surtout la
perspective d'une bonne douche et d'un bon repas qui nous force a la
pause après 3 jours non-stop.
A remarquer l'accueil particulièrement agréable dans la
Marina. Cette
remarque restera valable pour les autres escales, en plus avec des
tarifs "hivers" autour de 10 euros par jour, on est loin de 70 euros
pour une nuit a Llança au mois d'aôut...
En attendant on guette les dauphins, et on sera gâtés. De
jour,
de nuit, on sera toujours entouré des ces cousins de la vache....

On pourrait presque les toucher avec la main...
de jour....

....de nuit.
On fait des séances de photos

La couleur de l'eau n'est pas modifiée avec l'ordinateur....
On peut lire le nom du bateau dans le reflet.

Coucher ou lever de soleil sur le même winch ! 
Pour ceux qui ont une liaison rapide, on peut voir tout de même
un peu
de voile avec les liens ci-dessous.
K'Moon qui avance à la voile. 6.6
noeuds
tout de même...
Un peu de musique pour les
mélomanes..
Deuxième arrêt à Cartagene, toujours pour le G.O.
Petite pause de 3 heures qui permet de découvrir une
ville-arsenal ( à réserver pour le tour de la
Méditerranée), très agréable malgré
son
premier abord rébarbatif avec ses bateaux de guerre dans le port.
Il y a tout de même sur le port un bar "La
Havana"....présage agréable.....

De la statue du marin prêt a embarquer...
....au bar sur le port.
Arrivée a Almeria le 2 mai a 15h30.
C'est la que Philippe me quitte pour raison personnelle.
Premier bilan = 484 miles parcourus, soit 92 heures au moteur à
4
noeuds de moyenne, et 25h30 de voile à 4.54 noeuds de moyenne.
Conclusion: mon brave Renault, je vais te faire une vidange
immédiate, te soigner et te garder le plus longtemps possible.
Olivier et Valérie, (voir leur site "www.tressieres.net")
m'avaient
prévenu : "a partir de Gibraltar, tu découvriras que tu
as un
voilier.."
Au passage, je les remercie pour leur accueil la veille du
départ pour leur prendre toutes leurs cartes devenues
inutiles depuis leur retour des Antilles.
Donc, 24 heures de pause a Almeria. Trouver l'aéroport tiens du
prodige pour les taxis. La ville se prépare a accueillir les
Jeux Méditerranéens, et les travaux sont énormes
sur toute la
ville.
Départ le 4 mai, seul, direction Gibraltar ou je pense laisser
le
bateau pour 6 semaines. Météo Espagnole et
Algérienne sont
d'accord à 18 heures, la nuit s'annonce belle. J'en profite
pour faire des essais du pilote automatique en mode "cap", "track" et
"vent", c'est super, je m'amuse comme un petit fou, j'écoute un
vieux Niagara a fond. La vie est belle.

Le spi me fait un peu avancer, mais c'est tellement faible que
ça
claque de partout. J'ai peur de le déchirer. Alors j'installe un
amortisseur d'écoute et c'est parfait. Les puristes
apprécieront...
Premier poisson a bord, du frais avec de l'huile d'olive et du citron.

Sauf que le baromètre descend d'une manière qui ne me
plaît pas trop. 3 mb en 1 heures c'est beaucoup.
Et a vue de l'île d'Alboran ( entre l'Espagne et
l'Algérie) le
vent monte sérieusement.
1er ris dans la GV, rapidement suivi du 2ème.
Et la arrive LA merde qui devait arriver...l'enrouleur de génois
se coince en haut du mat a 4 heures du matin (p..de drisse de
spi). Alors faut y aller.
Harnaché du Grigri de montagne et de pas mal de
trouille,
je monte à 15 mètres au dessus de l'eau avec des vagues
de 2 ou
3 mètres qui balancent d'autant le bateau. En haut je ne vois
rien mais j'ai "l'impression" que je vais toucher l'eau tellement
ça penche. Mais tout va bien, je peux enrouler la voile d'avant.
Reste en souvenir une belle plaie sur le tibia ....que du normal avec
les ampoules aux mains.
Foc de route, suivi du tourmentin, la plus petite voile du bateau, la
grand voile ferlée "a la sauve qui peut" sur la bome, et je
fonce plein
nord-ouest sous la pluie a 7 noeuds pour essayer de mettre a l'abri des
montagnes...illusoire utopie.
J'avais oublié qu'on est sur la Méditerranée...et
à 11 heures du
matin, c'est la pétole la plus triste que je connaisse.
Au passage j'ai perdu les dossiers de filières et le petit
coussin gonflable pour faire la sieste dans le cokpit.
Je fais sécher toutes les affaires,
je mange et je me repose en
prenant la décision de passer une nuit a Torremolinos pour voir
à quoi ça ressemble, depuis le temps qu'on en parle, et
en plus
pour finir de bien sécher le bateau et faire le ménage
car tout a volé dedans. Premier
coup de blues de bonheur avec K'Moon, ma confiance envers lui augmente
d'un cran, je suis heureux.
Torremolinos, et sa marina Benalmadena, est pour moi une
véritable
horreur. Un admirable mélange d'Anglais et d'Allemands aussi
rouges que
les langoustes (de Cuba?) dont ils se gavent, et de
société de consommation poussée à outrance.
Le tout dans une architecture néo-baroque-laid-tapageur qui
laisserait pantois n'importe quel
Le-Corbusier en culottes courtes. En plus vu de la mer c'est aussi joli
que "La Défense", on ne voit que des gratte-ciels. Quelle
envie de passer ses vacances ici !!
Départ le lendemain pour Gibraltar. En cours de
route j'assiste à une course poursuite entre traficants
(de quoi?) qui posaient des bidons au fond de l'eau, et la police avec
bateaux super-rapide et hélico. Starsky & Hutch en
direct...
Le vent est faible mais avec le Spi je me déhale à 3
noeuds. A la tombée de la nuit, c'est mon ami Renault qui prend
la relève pour me faire avancer. J'arrive enfin à
Gibraltar a 9 heures précises.
Pas de place, plus de
gas-oil....Je vais voir ailleurs et je décide de traverser le
détroit pour aller à Ceuta. Je suis resté à
Gibraltar 30 minutes au total.
Le vent est bon, et en avant à plus de 6 noeuds, dans une mer très houleuse (cliquer pour voir),
ses courants et ses tourbillons ( K'Moon m'a fait une belle figure, 360
degrés sur lui même sous voile à 7 noeuds,
surprenant mais pas bon pour la bôme cet empannage rapide) je
traverse en 3
heures. Rarement vu autant de courant. Faut dire que de Barcelone
à Toulon on est pas trop habitué a ce
phénomène !
A un moment, le GPS qui recalcule en direct la meilleure route,
m'indiquait 45 degrés d'écart avec les compas
magnétiques. Je ne l'ai pas cru...et j'ai fait un grand tour
pour rien. Si l'électronique se met à mieux reflechir que
nous!

En parlant d'électronique, je note que le panneau solaire
"dernière génération" alimente K'Moon à lui
tout seul, éclairage, électronique, musique
et surtout le frigo. A aucun moment je ne suis descendu en
dessous de 12.2 volts, en sachant que le moteur ne charge
pas les batteries de servitude, et que volontairement
à partir d'Almeria je n'ai plus branché le chargeur de
quai lors des escales. A Ceuta j'ai passé une petite semaine
sans me priver de lumière ni de musique uniquement sur le
panneau solaire. Sans me priver d'eau fraîche pour le pastis non
plus.....
Et en plus il est tout petit comparé a celui du bateau
derrière
Ceuta...très bien. Bon accueil, marina impeccable sur pontons
flottants en plein centre ville. Le voisin, un Anglais retraité
de la Navy, résidant sur son bateau va surveiller K'Moon en mon
absence. Je suis tranquille.
Première impression de Ceuta : j'aime..Un mélange
d'Espagne et de Maroc, une certaine nonchalance, une ville refaite avec
plein d'espaces de loisirs et de jeux pour les jeunes, un "vrai" port
qui pue la sardine et le gas-oil. Des prix franco, je me suis
installé un autoradio sur K'Moon avec des baffles
étanches dans le cockpit, des gens de toutes nationalités
et un accueil excellent dans tous les commerces. Je suis
captivé.
Ex-port du trafic de hasch entre le Maroc et l'Europe, la ville a
touché le pactole pour faire le ménage sur les pontons.
Plus de gros Zodiacs noirs avec plein de moteurs derrière
et de bidons étanches dedans qui
sortent de nuit...
Bilan de la première étape: parcouru 676 miles (1252 km),
125 heures de moteur à 4 noeuds, plus 32.25 h de voile à
5.45 noeuds.
Vivement les alizés, doit-on se dire du coté de la pompe
à injection..
Prochaine étape, Ceuta - Madère? Canaries? Le but du jeu
maintenant est d'attendre la fin de la saison des cyclones avant de
traverser depuis les Îles du Cap-Vert.
En attendant, je file sur Santa Cruz Del Norte en avion.....la suite
début juillet.

K'Moon en attente à Ceuta.
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